Chevêche d’Athéna  

Athene noctua (Scopoli, 1769)

Ordre Strigiformes
Famille Strigidae
Genre Athene

Longueur : 21 – 23 cm

Envergure : 50 – 56 cm

Chouette assez petite et trapue, à large tête aplatie, queue courte et jambes plutôt longues, visibles.

Dessus brun sombre tacheté de blanc.

Ailes et queue barrées de blanchâtre.

Face avec sourcils blanchâtres, grands yeux jaunes et gorge blanche.

Vol bas, court et onduleux, alternant battements rapides et fermeture des ailes (comme un Pic vert).

Souvent perchée en journée, mais elle reste en partie nocturne chassant surtout des insectes, des lombrics et des petits rongeurs.

Habitat : niche dans les cavités des arbres les rochers, les bâtiments ou même des terriers

Statut national : protégée

Directive « Oiseaux » : –

Liste rouge France: LC (nicheur)

Chevêche d'Athéna - Athene noctua - église de Filain (Haut-Saône) - Photographie Patrick Zimmermann
Chevêche d’Athéna – Athene noctua – église de Filain (Haut-Saône) – Photographie Patrick Zimmermann

En France, la chevêche occupe la majeure par­tie du territoire métropolitain à l’exception des montagnes au-dessus de 1100-1 200 m d’altitude, des massifs forestiers (Issa & Muller 2015).

En Franche-Comté, elle est présente partout en plaine. Au nord du territoire, les données se raréfient dans la dépression sous-vosgienne et aucune observation concernant les Vosges comtoises n’est parvenue entre 2007 et 2015. Au sud, la chevêche est présente en Petite Montagne puis sa répartition suit, du sud vers le nord, la bordure jurassienne pour atteindre le Pays de Montbéliard. Sa présence au-delà de 500 m d’altitude est devenue anecdotique et se limite actuellement à la Petite Montagne et très localement au Territoire de Belfort. La chevêche est associée aux ceintures vertes des villages et notamment aux vergers et aux herbages arborés, avec des sites de nidification naturels (trous d’arbres) ou anthropiques (bâtiments, nichoirs).

TENDANCES ET POPULATIONS

La population française était évaluée entre 21 000 et 50000 couples et était considérée comme stable en 2015 (Issa & Muller). En Franche-Comté, l’estimation récente est de 450 à 550 couples (Bannwarth et al. 2015). Elle est basée sur des prospections spécifiques menées en 2015 sur 758 communes situées dans l’aire de répartition de l’espèce (soit 61 % des 1 227 communes situées à moins de 500 m d’altitude et donc potentiellement favorables). Sur la période 2007-2015, la chevêche a été contactée sur 369 de ces communes (49 % de taux d’occupation) avec une densité moyenne de 1,2 chanteur/commune.

Récemment, trois enquêtes me­nées en Haute-Saône en 1995, 2000 et 2006 ont mis en évidence une baisse du taux d’occupation communale et le morcellement de la population (Parmentier 2011).

Chevêche d'Athéna - Athene noctua - château de Filain (Haute-Saône) - 
Photographie Sandra Peyrot - 2022
Chevêche d’Athéna – Athene noctua – château de Filain (Haute-Saône) –
Photographie Sandra Peyrot – 2022
Chevêche d'Athéna - Athene noctua - Filain (Haute-Saône) - 
Photographie Sandra Peyrot - 2022
Chevêche d’Athéna – Athene noctua – Filain (Haute-Saône) –
Photographie Sandra Peyrot – 2022
Chevêche d'Athéna - Athene noctua - Filain (Haute-Saône) - 
Photographie Jean-Noël Latroyes - 2022
Chevêche d’Athéna – Athene noctua – Filain (Haute-Saône) –
Photographie Jean-Noël Latroyes – 2022

Après un déclin marqué dans la seconde moitié du xxe siècle dans de nombreux pays d’Europe dont la France, notamment lié à l’intensification agri­cole et à l’urbanisation, les données connues à ce jour en Franche-Comté suggèrent que la population de chevêches d’Athéna est en déclin modéré. Des opérations de conservation (pose de nichoirs, préservation ou replantation de vergers) sont me­nées par la LPO Franche-Comté en partenariat avec les associations locales de pomologie et de protection de la nature, les collectivités et le réseau de particuliers et d’agriculteurs participants.

Renaud SCHEIFLER & Cyrielle BANNWARTH

© Samuel MAAS

Quel avenir pour la petite chouette ?

Enjeux de préservation de la chevêche d’Athéna et du cortège associé.

La chevêche est une espèce sédentaire, fidèle à son territoire et dont les jeunes ont une capacité de dispersion relativement faible. Sa préservation passe par le maintien d’une continuité de milieux favorables, en fonction de leur structure paysagère (espaces dégagés à végétation basse, existence de sites de nidification) et de leur disponibilité en ressources alimentaires (micro-mammifères, invertébrés). Si les menaces sont multifactorielles (destruction d’habitat, mortalité routière, accidents dans diverses infrastructures, etc.), sa vulnérabilité semble plus forte en zone périurbaine du fait de l’urbanisation des ceintures vertes des villages et de la fragmentation de son habitat. En complément des actions de conservation, la prise en compte de son habitat dans les documents de planification reste un enjeu majeur.

Début avril 2023, 1748 observations de la Chevêche d’Athéna, étaient répertoriés sur le territoire de la Haute-Saône, représentant un peu plus de 23 % des observations de Franche-Comté (7569) pour la même période.

* Les oiseaux de Franche-Comté, Biotope éditions, pages 175 et 176.

Soit, à ce jour, seulement 25 signalements comptabilisés de la chevêche en un quart de siècle à Filain …

Avec un patrimoine foncier aussi riche et un potentiel d’accueil comme celui de Filain, nous devrions au contraire être une sorte de référence pour le petit rapace nocturne qui peine à subsister actuellement.

Posons-nous les vraies questions et agissons pendant que cet oiseau est encore sur place.

La nécessité de mener des actions concrètes de préservation en faveur de cette espèce semble évidente …

Observer, connaître, protéger la Nature …