Merops apiaster (Linné, 1758)
Ordre des Coraciiformes
Famille des Meropidae
Genre Merops
Anglais : European Bee-eater | Espagnol : Abejaruco europeo | Portuguais : abelharuco-europeu | Allemand : Bienenfresser | Néerlandais : Bijeneter | Italien : Gruccione.



Description : Posé ou en vol, on remarque de suite les couleurs vives du Guêpier d’Europe. Cet oiseau est un de nos plus beaux oiseaux métropolitains. Les couleurs de son plumage aux reflets métalliques vont, du bleu-vert turquoise pour la partie ventrale, au poitrail et au bas des ailes, au brun-roux pour le dos et la calotte.

La queue est vert-turquoise, le bec noir et légèrement incurvé.

L’iris est rouge dans un œil noir et la bavette jaune vif bordée de noir. Un vrai festival de couleurs !

Un bandeau noir intégrant l’œil, part de l’arrière de la calotte jusqu’au bec.
Dimensions : De la taille d’un merle ( 28 cm environ) ou d’une grive draine, son envergure est de 45 à 50 cm pour une masse de 60 g environ.

Vol :
En vol, l’oiseau masqué ressemble à un grand V jaune- orangé et noir qui se déplace avec célérité. Son vol est ondulant, puis glissant vers le sol pour reprendre une ascension rapide et infatigable.



Le guêpier d’Europe chasse un peu comme les hirondelles avec des battements d’ailes très rapides, ou plane, comme les pics, décrivant des ondulations. L’examen des vidéos au ralenti montre bien le battement rapide des ailes, suivi d’un « glissement » comme une flèche, les ailes collées au corps.

Photographie Jean-Noël Latroyes – 03 août 2024

Photographie Jean-Noël Latroyes – 25 juillet 2024
Confusions possibles : Le Guêpier d’Europe ne peut être confondu, tant à cause de ses couleurs que de ses ailes pointues. Les adultes ont de fins prolongements de leurs plumes caudales centrales. On identifie souvent le guêpier avant de le voir, grâce à son appel roulé très particulier.
Pas de dimorphisme sexuel : Les adultes mâles et femelles se ressemblent.

Observations du guêpier :

Il est conseillé de se dissimuler et de rester immobile pour ne pas effrayer les guêpiers. De bonnes jumelles sont suffisantes pour leur observation quand ils se reposent, entre deux recherches de nourriture, ou qu’ils sont en attente d’apporter de la nourriture à leurs petits impatients restés au terrier.

Photographie Jean-Noël Latroyes – 24 juillet 2023
On les trouvera souvent regroupés par deux, mais il est fréquent également de voir des regroupements plus conséquents (jusqu’à une douzaine observés en 2023 en rive gauche de l’Ognon, dans les branches supérieures d’un frêne sec) ou quand les jeunes font leur apprentissage de vol notamment.

Cris et chants :
Les guêpiers ont toute une palette de cris et de chants adaptés à chaque situation. Le plus connu, constitué de notes flûtées très agréables, peut même être assez soutenu, quand on a la chance d’admirer une colonie un peu conséquente (quelques dizaines d’individus). Il correspond sans doute à une situation de chasse à l’insecte volant, pratiquée avec précision. Une impression de décontraction domine l’ensemble. Chacun y est à sa place et on pourrait presque penser alors qu’il y a de l’amusement dans l’air, à en juger par les figures aériennes répétées inlassablement, jusqu’à former un ballet étourdissant très maitrisé.



Guêpiers d’Europe (Merops apiaster) – Vallée de l’Ognon (Haute-Saône) – Photographie Jean-Noël Latroyes – 3 août 2024



Guêpiers d’Europe (Merops apiaster) – Vallée de l’Ognon (Haute-Saône) – Photographie Jean-Noël Latroyes – 3 août 2024

Alimentation :
Hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons, bourdons) principalement.
Libellules, papillons, punaises ;

Voir la fiche du papillon « la belle dame »
Orthoptères (criquets, sauterelles)
Coléoptères : (hannetons…)
Diptères (mouches…).

Photographie Jean-Noël Latroyes – 25 juillet 2024
Nidification :

Photographie Jean-Noël Latroyes – 30 juillet 2023

Photographie Jean-Noël Latroyes – 30 juillet 2023
Les nids sont établis dans des falaises friables ou les berges de rivières. Le mâle et la femelle creusent avec leurs pattes des tunnels atteignant 1 m de longueur. Les parents couvent tous deux les quatre à sept œufs blancs presque ronds, puis nourrissent tous deux les jeunes. La cavité du nid est tapissée de débris d’insectes.

Photographie Jean-Noël Latroyes – 30 juillet 2023

Photographie Jean-Noël Latroyes – 8 juin 2023


Photographie Jean-Noël Latroyes – 8 mai 2022
Distribution :
Malgré ses couleurs qui rappellent un oiseau exotique, c’est un oiseau européen (migrateur hivernal dans le nord de l’Afrique) mais il est possible de le retrouver bien avant son arrivée en Afrique. Récemment, des observations en provenance de la région de Valence (Espagne) montraient qu’il avait tendance à se sédentariser à cette latitude. On peut envisager évidemment que le changement climatique incite les guêpiers à aller moins loin dans leur migration. En tout cas, la région de Valence, située sur un couloir de migration Nord-Sud, recèle des signes d’attachement à ce bel oiseau qui ne » datent pas d’hier » et sur certaines maisons de cette région, on peut y admirer des fresques murales intégrant le guêpier à la culture locale.

En Franche-Comté, on peut le retrouver pour la migration pré-nuptiale (mi-avril) principalement dans les vallées de la Saône, du Doubs, de la Loue, de la Lanterne et de l’Ognon.
Photographier le guêpier :
En vol, le guêpier est très rapide et le photographier requiert beaucoup de technique, de matériel adapté et de patience.
Précautions à prendre pour observer les guêpiers :
Le guêpier n’est pas un oiseau farouche et les occasions de l’observer ne manqueront pas si l’on reste prudemment et respectueusement en retrait de son aire d’action. Cependant, du fait de sa grande attractivité, il faudra faire preuve de retenue pour ne perturber en aucun cas cet animal victime de sa beauté. On restera discret sur la localisation précise des terriers, afin de ne pas accélérer leurs destructions par des visiteurs qui n’hésitent pas, comme je l’ai malheureusement vu une fois, à braquer un éclairage dans leur demeure » pour voir si ç’est profond » ou à faire des allers et retours devant les orifices, faisant courir un grand risque de destruction à d’autres espèces qui nichent au sol. Encore une fois, il vaudra mieux renoncer aux observations si elles perturbent l’animal, plutôt que de le contraindre à fuir, en particulier quand il est en recherche de site pour s’installer et/ou en période de nourrissage des jeunes.
Ces précautions constituent la meilleure garantie d’accueillir le guêpier l’année prochaine (dès le mois d’avril dans notre région).
Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection
Dont le guêpier d’Europe, espèce protégée, non chassable et à ce titre ,
I / Sont interdits sur tout le territoire métropolitain et en tout temps : la destruction intentionnelle ou l’enlèvement des œufs et des nids ; la perturbation intentionnelle des oiseaux, notamment pendant la période de reproduction et de dépendance, pour autant que la perturbation remette en cause le bon accomplissement des cycles biologiques de l’espèce considérée.
II / Sont interdites sur les parties du territoire métropolitain où l’espèce est présente ainsi que dans l’aire de déplacement naturel des noyaux de populations existants la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l’espèce considérée, aussi longtemps qu’ils sont effectivement utilisés ou utilisables au cours des cycles successifs de reproduction ou de repos de cette espèce et pour autant que la destruction, l’altération ou la dégradation remette en cause le bon accomplissement de ces cycles biologiques.
III / Sont interdits sur tout le territoire national et en tout temps la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat, l’utilisation commerciale ou non des spécimens d’oiseaux prélevés : dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France, après la date d’entrée en vigueur de l’interdiction de capture ou d’enlèvement concernant l’espèce à laquelle ils appartiennent ;dans le milieu naturel du territoire européen des autres États membres de l’Union européenne, après la date d’entrée en vigueur dans ces États de la directive du 2 avril 1979 susvisée.
Modifié par ARRÊTÉ du 21 juillet 2015 – art.1