Fin juin 2023, arrêté le long de la petite route reliant Vy-lès-Filain à Dampierre-sur-Linotte, je photographiais un beau ballet aérien de rapaces. Neuf milans noirs, accompagnés de deux buses variables, virevoltaient dans le ciel en effectuant des piqués de temps à autre vers le sol à une vitesse vertigineuse. Pour y avoir assisté quelquefois, notamment au même endroit, je savais que la scène pouvait se prolonger un certain temps et j’avais pris la précaution de monter mon appareil sur son pied pour tenir les positions presque verticales de certains clichés.

Les grands rapaces faisaient des allers et retours au-dessus de la prairie, synchronisés derrière un tracteur qui fauchait l’herbe haute dans une grande parcelle. Ces milans espéraient ainsi avoir la primeur des rongeurs dévoilés par la faucheuse et faire un bon repas. Leur méthode était toujours la même et certainement très payante.


Le conducteur du tracteur suspend finalement ses travaux pour faire une pause et vient à ma rencontre. Chacun convient que le spectacle des oiseaux est impressionnant et nous échangeons quelques anecdotes sur ces oiseaux opportunistes. En homme de terrain, immergé dans la nature qu’il façonne au quotidien de par son travail, il est habitué à ce genre de scène et décrit alors d’autres situations tout aussi captivantes où il est question de renards, de cerfs, de sangliers, de chevreuils, d’écureuils et même d’une chouette Effraie ayant élu domicile dans son étable récemment.
Une chouette Effraie, vraiment …
Je manifeste un vif intérêt pour ses récits et en particulier pour la belle Dame blanche car ce genre d’histoire est quand même très rare. Nous échangeons nos numéros de téléphone et Vincent, reprend alors son travail …

Ce milan était assez haut dans le ciel et moi au sol naturellement … On a pourtant l’impression que la photo a été prise au-dessus de l’oiseau (depuis un avion par exemple). Non, c’est simplement une phase où le milan virait de bord qui a été choisie, dévoilant ainsi le dos de l’oiseau et laissant le doute sur les conditions de prise de vue. D’où l’intérêt de multiplier les clichés (en rafale nourrie : au moins 3 images/seconde ou mieux en filmant en 4 K minimum) pour parvenir ensuite en triant bien à exprimer VOTRE idée de cette photo.

Canon EOS 5D Mark IV – f/18 – 1/4000e sec. – ISO 3200 – Distance focale 636 mm – mode TV (priorité à la vitesse)
Deux jours après, je lui envoie quelques photos des milans et Vincent en retour me joins des photos qu’il a faites sur un cerf, un renardeau et effectivement, ce qui est quand même beaucoup plus rare, sur une chouette Effraie des clochers qui avait effectivement choisi son étable pour nicher au printemps 2021.
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