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Le faucon et le choucas

Depuis l’existence du château de Filain, probablement, siègent dans ses hauteurs toutes sortes d’oiseaux …

Ça commence comme une fable, mais non, nous sommes bien dans la réalité. La gent ailée a depuis toujours fait sienne les espaces creux des murs, ainsi que les combles accessibles de l’édifice datant du XVe siècle. Une cohabitation entre rapaces diurnes et nocturnes, corvidés divers et autres passereaux est donc de mise depuis toujours dans cet endroit privilégié.

Aujourd’hui, je voudrais vous présenter les faucons crécerelles et les choucas qui forment une petite communauté constante d’une vingtaine d’individus.

Les faucons crécerelles, superbes rapaces à la vélocité fantastique, dictent leur loi dans l’espace aérien local. Il faut assister au ballet qui se met en place chaque matin, quand les faucons commencent à investir les hautes cimes des arbres avoisinants. Est-ce une réunion préparatoire, une discussion sur le programme de la journée, ou simplement un échange de stratégie ? En tout cas, ça « discute » sec là-haut.

Faucon crécerelle

Plus bas, c’est à dire sur les faîtières ou les cheminées du château, la quinzaine de choucas des tours s’affaire à renforcer les nids et à l’approvisionnement en nourriture de leur progéniture, bien cachée dans de multiples recoins de la bâtisse. Les moineaux font de même dans les fissures des murs et multiplient les allers et retours nourriciers.

Choucas des tours

Tout à coup, d’un commun accord, les rapaces s’élancent en poussant des cris stridents, en direction des choucas qui s’égaient, épouvantés, dans d’atroces plaintes. Les faucons les taquinent quelques minutes, puis lâchent l’affaire et partent chasser au-dessus du village dans des tourbillons qui les emmènent très haut quelquefois.

Les choucas retrouvent alors un peu de quiétude, mais le risque était bien réel car les crécerelles peuvent tuer d’autres oiseaux en plus de leurs proies habituelles (petits rongeurs, gros insectes, etc…). Ce manège peut se reproduire plusieurs fois par jour où les pauvres choucas sont victimes d’une attaque aérienne, mais le site est tellement idéal qu’il vaux bien quelques petits tourments.

A bientôt sur le blog,

Vous êtes jusqu’à 15 lecteurs quotidiennement et je vous en remercie.

N’hésitez-pas à proposer une idée dans l’esprit du blog si vous le souhaitez.

Jean-Noël

La Sittelle torchepot

Aujourd’hui, j’ai choisi cet oiseau particulièrement attachant car je trouve qu’on le méconnait un peu, alors qu’il nous côtoie chaque jour pour notre plus grand bonheur. La période hivernale a été l’occasion de l’observer quotidiennement et d’en découvrir certains aspects fascinants.

Vous êtes quelques un(es) à nous rejoindre régulièrement sur ce blog et je vous en remercie. Les beaux jours qui arrivent vont nous apporter bien des surprises et on attend avec hâte le retour de migrateurs (les pouillots sont signalés un peu partout déjà, les cigognes sont passées et ont stationné pendant 2 ou 3 jours dans la plaine de Vy-lès-Filain, le Coucou ne s’est pas encore manifesté, les grives, les rouge-queues et les hirondelles ne vont pas tarder, la mésange à longue queue est là, un roitelet à triple bandeau a été photographié à Filain et les Faucons crécerelles animent le ciel régulièrement.) Il suffit de lever la tête !
N’hésitez-pas à me signaler tout présence d’animal (ou de végétal) intéressante.
A bientôt sur le blog,
Jean-Noël

Bonjour des gros-becs

Aujourd’hui, je vous présente « nos » gros-becs, qui viennent quotidiennement dans les arbres et les mangeoires, vers la maison, depuis le début de l’hiver

D’abord, il y a Madame qui n’a pas l’air trop commode, mais ce n’est qu’une apparence.

Ensuite, il y a Monsieur, bien évidemment, qui surveille tout ça depuis son prunus.
Il y en a jusqu’à quatre ou cinq comme ça qui nous tiennent compagnie.
Dans quelques jours, avec le retour des beaux jours, ils repartiront dans leurs profondes et protectrices forêts.

En attendant, ce matin, ils nous ont présenté un petit spectacle.

Voila pour les gros-becs, mais il y a tous les jours quelques dizaines d’autres oiseaux sous nos fenêtres, toute espèces confondues. Çà gazouille ferme à Filain …

Enfin, je ne résiste pas à la tentation de vous présenter un décollage de héron cendré photographié au lac de Vaivre, cet après-midi. C’est assez impressionnant quand même car l’animal émet également des grognements conséquents …

A bientôt sur le blog …

Bientôt le printemps …

Aujourd’hui, je me rends à Fontenois-lès-Montbozon à la découverte des prémices du printemps.

Il existe à cet endroit un petit bois merveilleux bien connu pour son abondance de jonquilles. C’est un peu le rendez-vous pré-printanier des connaisseurs locaux en mal de couleurs après le terne hiver…

Vers le chemin, un pinson des arbres picore seul dans l’herbe et attire mon attention. Je n’ai pas encore préparé mon matériel photo, mais il me laisse cadrer tranquillement avant de s’enfuir vers les buissons protecteurs avoisinants.

Parvenu au bois, quelques pieds d’hellébore prospèrent à quelques mètres du sentier. Il est vrai qu’avec la couleur vert-tendre de cette plante (toxique par ailleurs), je ne risque pas de la louper. Celle-ci réapparaît dès début février, avant toutes les autres.

On entend déjà dans le bois les chants des moineaux qui se répondent avec énergie. Profitant de l’absence de végétation hivernale, je photographie un moineau domestique mâle au repos .

Sur le côté du sentier poussent des lamiers pourpres et des corydales de couleur rose. Elles aussi sont des pionnières de la belle saison qui se rapproche. Bien-sûr, je ne tarde pas à apercevoir les jonquilles, reines du bois. Il y a en a des milliers, même si cette année « elles ne sont pas en avance » et la plupart encore en bouton. Des arums (ou gouets) pointent également leurs feuillage tendres et encore enroulés.

Au hasard, je fouille précautionneusement dans la litière d’humus et y trouve deux coquilles d’escargots, dont l’une m’est familière : Cochlostoma septemspirale. L’autre coquille de couleur brun-rouge ne me dit rien et il faudra que je fasse des recherches pour l’identifier. Dans ce type d’observation, il faut bien prendre garde à remettre en place les éléments examinés pour préserver l’intégrité du milieu (écorces, pierres, souches).

Une mouche à moitié endormie se réveille et vient poser pour moi sur une souche voisine.

Le bois est délimité par deux rivières, la Filaine et la Linotte qui confluent à cet endroit pour former une rivière plus conséquente à partir de Sorans-les-Cordiers. En longeant la Linotte, un petit oiseau brun marchant très vite se laisse assez bien photographier. C’est un Troglodyte mignon, l’un de nos plus petits oiseaux et il est vraiment craquant avec sa petite queue relevée.

Sans plus le déranger, je poursuis le long de la rive et parviens au carrefour de rivières assez rapidement. Je remonte ensuite le long de la rive de la Filaine, en rive gauche, et tombe nez à nez (ou presque) sur une famille de ragondins qui prend le soleil, affalés sur l’herbe. Tout ce joli monde rejoint la rivière avec des grands bruits de mise à l’eau et j’en profite pour les photographier.

Je cueille un bouquet de jonquilles (un seul pas plus et sans arracher d’oignons !) et sur le chemin du retour, j’aperçois encore un Citron, superbe papillon jaune, toujours en avance lui aussi dans la saison, ainsi qu’un Robert-le-Diable, autre papillon brun apparaissant très tôt également.

Pas mal pour une petite balade à quelques kilomètres de chez moi, mais il faudra patienter encore quelques semaines pour un franc réveil de la Nature …

A la rencontre du martin-pêcheur ….

Après une période pluvieuse, le beau temps domine aujourd’hui. C’est l’occasion d’aller à la rencontre du Martin-pêcheur. Celui de Montbozon, que je croise à chaque promenade le long de l’Ognon me fascine. Il y en a plusieurs évidemment, car il ne peut être partout à la fois, mais il y en a toujours un pour me narguer. C’est un oiseau extrêmement mobile et je n’ai pu le photographier qu’une seule fois.

La lumière est bonne, ce qui autorise une vitesse élevée pour photographier, gage de facilité pour les prises de vues.

J’entame ma balade en rive gauche de l’Ognon, appareil à la main, mon fidèle 150-600 mm monté dessus.

Il y a beaucoup de débit aujourd’hui, peut-être du à la fonte des neiges en région sous-vosgienne.
Les canards colvert, un peu susceptibles, font savoir bruyamment que je ne suis pas le bienvenu dans leur domaine.

Je reste à l’affût environ ½ heure et en profite pour immortaliser les premières fleurs de cette fin février : cardamine, pensée, pâquerette et véronique.

L’endroit m’avait porté chance la dernière fois, mais je ne surprends qu’une bergeronnette des ruisseaux qui passe de mousses en mousses de l’autre côté de la rivière en hochant la queue.

Les merles s’en donnent à cœur joie et chantent leurs doux chants d’amour flûtés dont on ne se lasse jamais. Quelques mésanges charbonnières, indifférentes à ma présence, piaillent joyeusement dans les buissons avoisinants.

Je me résous à abandonner l’affût et poursuis ma promenade.

Quelques centaines de mètres plus loin, un concert de piaillements assez conséquent attire mon attention. A pas de loup, je me rapproche du buisson où a lieu la petite fête et tombe sur un petit groupe de mésanges à longue queue. Je fais une dizaine de clichés, mais il est quand même difficile de suivre cet oiseau qui profite des denses buissons pour se dérober.

Un peu plus loin, un vol de buses variables passe en planant au-dessus de moi. Là encore je fais quelques belles photos en finissant dos allongé sur le sol pour me stabiliser …

Le retour est un peu plus bref car la lumière a beaucoup baissé et les mésanges à longues queues sont maintenant de l’autre côté de la rivière.

Je ramasse dans les alluvions sableuses quelques coquilles de bivalves de rivière rejetées par les oiseaux appréciant ce régime. Il y en a des centaines, restes d’un bon repas pour les connaisseurs. Il faut que je me documente sur les espèces d’oiseaux qui se nourrissent de ces petits coquillages d’eau douce.

Une dernière photo d’une perce-neige et je repasse par mon affût à Martin-pêcheur.

Un pêcheur, il y en a bien un, mais sur deux jambes et tenant une canne à pêche. Je le salue, sans rancune, et reviens à mon point de départ sans observation notoire (si quand même, les ragondins ne sont pas là, c’est la première fois qu’ils sont absents).

Mercredi 23 février 2022